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Covid-19 : comment les salariés ont traversé la crise

Réalisée pour le compte de la Dares par l’institut Ipsos, une récente étude s’est intéressée aux effets de la crise du Covid-19 sur les conditions de travail des salariés français. Premier enseignement : 54 % de ces derniers ont affirmé que cette crise ainsi que les mesures prises pour l’endiguer n’avait que peu bouleversé leurs pratiques professionnelles. Selon le portrait dressé par la Dares, il s’agit principalement d’hommes de plus de 45 ans, employés ou ouvriers dans l’agriculture, l’industrie ou la construction. Un faible impact que la Dares explique par une adaptation réussie de l’organisation du travail grâce à « une plus grande présence sur site que d’autres travailleurs et une coopération et un soutien importants au sein du collectif de travail ».

De l’intensification à la dégradation

Pour 1 salarié sur 3, en revanche, la crise s’est traduite par des « horaires plus longs, plus atypiques et un travail plus intense » imposant une réorganisation des équipes et une plus grande autonomie des salariés lors de leur présence sur site ou en télétravail. Cette intensification du travail a été à la fois jugée difficile mais aussi valorisante lorsqu’un caractère essentiel était attribué à ces activités. Raison pour laquelle, on retrouve dans cette catégorie beaucoup de métiers, largement occupés par des femmes, intervenus en première ligne (cadres et professions intermédiaires de santé) ou en deuxième ligne lors de la crise (personnel enseignant, caissières…).

Mais pour 1 salarié sur 10, cette crise a été synonyme d’une forte dégradation du travail. Cela a été le cas, notamment, pour les cadres et professions intermédiaires de l’enseignement ou encore du secteur banque et assurance qui ont été, brutalement et durablement, contraints de télétravailler. Ces derniers parlent ainsi d’une hausse de la charge de travail, d’horaires atypiques, d’isolement, d’une perte d’utilité sociale, mais aussi de la difficulté à maîtriser les outils numériques. Sans surprise, tenues très souvent à la fois de télétravailler et d’assumer la garde et le suivi scolaire des enfants, les femmes sont majoritaires parmi les salariés ayant constaté cette forte dégradation de leurs conditions de travail.

Calme et activité partielle

Enfin, l’étude revient sur les 4 % de salariés, qui, en raison des interdictions d’accueillir du public, ont été placé en activité partielle. Il s’agit majoritairement d’hommes de moins de 34 ans employés dans l’hôtellerie, la restauration ou une entreprise du spectacle. Ces derniers notent, évidemment une baisse importante de leur charge de travail mais renvoient également un certain mal-être qui s’explique par une hausse des horaires atypiques, mais surtout, par une plus grande insécurité socio-économique.

  • © 2021 Les Echos Publishing - Frédéric Dempuré
  • Juin 01, 2021